La psychanalyse permet une approche des profondeurs de l’Etre dans sa constitution et la perception de Soi, du Monde au-delà des illusions et des habitudes.
Cette perception ouvre la porte au possible changement.

LA PAROLE

La psychanalyse vise à retrouver, par la parole et l’écoute des perceptions sensorielles, les empreintes laissées par les émotions et les ressentis douloureux dans le psychisme et le corps.

Une fois ces retrouvailles effectuées au travers de l’alliance avec l’analyste, au fil des découvertes et des mots posés sur les maux, une vision nouvelle peut émerger pour laisser place à une acceptation des manques, des douleurs, des vides qui ont étés vécus et qui, pour certains, sont irrémédiables.

Néanmoins l’impact de ces empreintes, lui, est modifiable.

« Les discours proclament un savoir, La parole raconte un désir. Les discours affirment ce qu’ils ont trouvé.
La parole dit qu’elle cherche, quand bien même elle ne saurait nommer l’objet de sa quête. »

Marion Muller Collard  L’AUTRE DIEU

LA POSITION

La connaissance de lui-même est du côté de l’analysant, la connaissance de la méthode est du côté de l’analyste qui a effectué l’expérience de la traversée de son histoire et peut savourer la liberté découverte par la grâce de ce cheminement.

La position est inégale et les rôles sont définis durant le temps de l’Analyse.

LES SOUVENIRS

Les souvenirs sont par essence inexacts, nous les reconstruisons sans cesse.

Lors de leur mise en place, ils sont influencés par ce que nous nous autorisons à mémoriser, à percevoir, ou encore par ce que l’on transforme, refoule, pour rendre la situation supportable.

Seules les impressions sensorielles sont des indicateurs fiables.

Dans l’Analyse, nous allons sans cesse revenir à ces sensations, parfois somatisées dans le corps, parfois transformées en défenses, pour retrouver et revivre les événements, parfois minimes, parfois énormes, qui ont induit des coupures avec Soi-même.

(C’est bien pour cela que Sigmund Freud hésitait entre le fantasme et le réel de la remémoration.)

L’ALLIANCE

La psychanalyse n’est pas uniquement un travail d’archéologie au cours duquel, muni d’une lampe frontale et d’une pioche, l’analyste ouvrirait des brèches dans l’histoire de l’analysant.

Il ne s’agit pas de s’efforcer à déterrer de vieux cadavres ensevelis dans les jardins de notre mémoire, mais d’ouvrir un espace d’Alliance pour que l’inconscient puisse se délester  de fardeaux qui entravent la liberté, à son propre rythme et en profondeur.

C’est une collaboration dans la recherche de découvertes et de retrouvailles.

Il ne s’agit pas non plus d’un travail purement intellectuel visant à disséquer les souvenirs.
Certes l’intelligence sera à l’œuvre mais en étant au service du ressenti.

La psychanalyse ne cherche pas à éliminer les symptômes car, une fois l’Esprit apaisé, devenus inutiles, ces symptômes vont prendre moins de place.

La psychanalyse ne soigne pas, elle détend, ouvre et libère.

LE TRANSFERT

Avec le soutien bienveillant et solide de l’analyste, les émotions peuvent être revécues. 

Différents rôles seront donnés à l’analyste et des émotions de toute sorte peuvent réapparaître.

Par le transfert fait sur l’analyste, ce dernier apparaîtra parfois comme le bon ou le mauvais parent, le bon ou le mauvais objet.

Ce processus  permet à l’analysant le retour dans son histoire en étant accompagné  pour ainsi pouvoir revisiter des scènes qui avaient bloqué sa croissance émotionnelle.

Puis cela lui permettra de repérer les réactions dans la vie présente qui sont le résultat de blessures anciennes qui s’activent lorsque il y a du similaire.

Cette activation de blessures provoque une pollution relationnelle  dont il est joyeux de se défaire.

Naufragés de tempêtes différentes,  mais communes, par le ressenti de rupture avec l’Âme, l’analyste connait la rive ou le rivage de la pensée retrouvée et sait d’expérience qu’il est possible de l’atteindre.

LE CHANGEMENT

Il s’agit de découvertes sur soi-même,  de mise en lumière des arrangements internes qui nous soutiennent et nous bloquent  simultanément,  et qui, une fois perçus et dépassés, vont permettre à l’énergie du changement de circuler.

Changer par la volonté seule ne peut pas être durable car l’inconscient, ayant besoin d’être entendu pour se libérer, va revenir à la charge à chaque occasion.

Le changement advient par l’union du désir et de la compréhension découverte ou retrouvée.

LES EMOTIONS

« Les émotions que l’on n’exprime pas ne meurent pas  Elles sont enterrées  vivantes et reviennent à la charge nous hanter plus tard sous une autre apparence. »  Sigmund Freud.

« Le sentiment de ne pas être aimé ou d’être haï, fait disparaître le désir de vivre, c’est à dire d’être réunifié. Et puis par ailleurs certains souvenirs sont mis en doute «  car cela est trop douloureux, cela ne peut être vrai ».  Le traumatisme,  Sandor Ferenczi.

Retrouver, pour les ressentir, les espaces, les événements, les perceptions qui ont provoqué un trou, une rupture dans la trame de la pensée  lui permettra de se déployer.

LE CHEMIN

Découvrir la porte qu’un événement traumatique avait fermée, en étant soutenu par une personne  ayant elle-même transité par les gares plus ou moins sombres de sa propre histoire, pour retrouver sa capacité à penser grâce à la symbolisation que permet l’analyse.
C’est un chemin vers la rencontre avec Soi, vers le dialogue intérieur, ouvrant l’espace où la pensée alliée au ressenti, peuvent circuler.

les crispations, signes de blessures actives, sont perçues et ne seront plus confondues avec l’identité.

Et c’est aussi de l’acceptation de la solitude inhérente à l’Etre Humain que peut advenir la rencontre avec Soi et ce qui est en dehors de soi.

Car si chaque histoire et chaque individu est unique, la traversée des souvenirs implique la rencontre avec une douleur commune liée à la difficulté d’accepter le sentiment de solitude inhérente à l’incarnation.
Pour aller vers les hauteurs de notre Âme,  il faut des racines solides et épanouies en profondeur dans le terreau qu’est l’Amour.
Ces racines sont souvent en mauvais état car abîmées par les blessures infligées à l’Âme.
Une blessure ne peut pas être effacée mais son impact lui peut être modifié et ainsi permettre aux racines de s’ancrer et aux ailes de se déployer.

En savoir plus ...

La position du Psychanalyste,

Gisela Pankow nommait le travail de l’analyste : Greffes de Transfert
Serge Tisseron met en lumière, dans « Fragments d’une psychanalyse empathique », le rôle fondamental de l’empathie dans cette aventure qui consiste à devenir Soi à deux.
Evoquant son analyse avec Didier Anzieu auteur  de «  le Moi Peau ».
« Sans  sympathie pas de guérison, tout au plus des aperçus dans la genèse de la souffrance ». Sandor Ferenczi  Journal Clinique .
« C’est un sens particulier, singulier, qui est à découvrir à chaque fois, chez chaque personne, en établissant des rapports, des relations entre les expressions du patient et ce qu’elles nous donnent à ressentir et à penser » .
Claude Nachin  «  la méthode psychanalytique ».

La solitude nous angoisse et pourtant nous avons tous besoin d’être seul pour nous ressourcer, paradoxe de l’être humain sur lequel Donald Winicott se penche  avec beaucoup de sollicitude « je suis seul est pour lui l’amplification de je suis »
Avec mon analyste, je suis seul et je suis accompagné, soutenu. Je suis seul et je ne le suis pas.

Pour Marie Claude Defores et Yvan Piedimonte auteurs de « la constitution de l’être »
« La question de l’identité ne se pose pas, elle s’éprouve. Elle est l’expérience même du désir basé sur cette aspiration fondamentale : évoluer, créer de l’évolution »
« L’Âme est dépositaire d’un savoir inconscient, présent dés l’aube de la vie concernant son identité humaine et les conditions pour la réaliser. Ce savoir est latent, il doit être confirmé par la rencontre avec autrui dans un cadre relationnel respectant les conditions d’humanisation c’est à dire l’éthique dans l’alliance avec l’analyste. »

Le triple programme de l’analyse selon  Nicolas Abraham et Maria Torok  « L’Ecorce et le Noyau ».
« La psychanalyse étudiera le domaine et le travail de l’incohérence, de la discontinuité, elle décrira tout ce qui fait obstacle au fonctionnement harmonieux.
La psychanalyse isolera les modes de constitution de voies de fonctionnements.
Enfin la psychanalyse étudiera la mise en échec de la capacité humaine de surmonter les traumas et cela en vue de trouver les moyens thérapeutiques pour restituer cette faculté.

Nicolas Abraham et Maria Torok portés par le désir d’éclairer coûte que coûte les zones d’ombre de la souffrance humaine considéraient que toutes nos difficultés ne sont pas liées à notre construction durant l’enfance. Elles peuvent aussi être issues de secret et de non dits familiaux et transgénérationnel, tout comme les événements douloureux, quel que soit l’âge, peuvent produire des effets dévastateurs et demande une reconstruction du Moi que l’Analyse rend possible.

Chaque fois que nous prenons la peine d’aller au fond de notre expérience, de tirer d’elle tout ce qu’elle contient à la fois de plus simple et de plus caché, nous cessons aussitôt de parler de nous-mêmes et de nous seuls : nous entrons dans le domaine le plus précieux, celui de l’expérience universelle, de l’expérience partagée. Ce qu’un homme a découvert dans sa vie la plus particulière, cela appartient à tous.

ET SI CE QU’IL A DÉCOUVERT PEUT AUGMENTER ET ENRICHIR LA VIE DES AUTRES, IL A LE DEVOIR DE LE DIRE.

Jaques Lusseyran   « La Lumière dans les ténèbres »,  contre la pollution du moi.